
Les Etats-Généraux
comme base de ralliement
Le cinéaste Nicolas Klotz emploi les mots justes lorsqu’il écrit à propos de la baisse sans précédent des crédits alloués par l’État à la diffusion culturelle cinématographique en France, en 2008 : « Sans rencontres, quelle révolution est possible? »*1.
En réponse à ce contexte, le collectif de l’action culturelle cinématographique (Blac) a entreprit de faire un état des lieux pour mieux appréhender la situation à venir.
Des exploitants à la ligue de l’enseignement en passant par les distributeurs, tous se sont réunis pour discuter de problématiques comme :
- la circulation des œuvres et leur rencontre avec un public large et diversifié
- la diffusion du patrimoine cinématographique
- l’accès à la diversité de production (court-métrage, documentaire, animation, fiction, expérimental…)
- la sensibilisation et la formation des publics, notamment le jeune public en temps scolaire et hors temps scolaire
Etc.
C’est au moment du désintéressement de l’État à son égard que l’ensemble des acteurs actifs du cinéma français se mobilisent. Que les invitations à débattre et a échanger s’imposent. C’est en période de crise que la cohésion apparaît et que le sens de l’image passe du personnel au collectif.
C’est peut-être par l’intention annoncée et scandaleuse de l’État (qui accordait déjà moins de 1% de son budget au domaine de la culture) que s’est organiser une construction juste et pointue notamment par l’idée d’une véritable charte de l’action culturelle.

Une complète
Table ronde
Autre dimension. La baisse des crédits n’a épargné personne, ni aucun domaine artistique. Le théâtre, la musique, les arts plastiques, les arts numériques, le cinéma, la danse, les lieux de culture, de spectacles, d’expositions et d’autres encore sont concernés. Ce qui laisse imaginer qu’une synergie est possible dans l’ensemble de la production artistique. Que plus de collaborations sont envisageables, que des rapprochements humains et intellectuels sont à notre portée. Ce qui n’est pas négligeable dans un monde axé de plus en plus sur l’individualité y compris dans la production contemporaine. Car il est bien apparu dans le programme de la journée du 8 janvier la notion d’ « enjeu citoyen de l’Éducation à l’image »*2 .
Situation française
Les citoyens français, « ceux qui font et ceux qui vont au cinéma »*, se sert tout à coup les coudes, s’électrisent. Pas de hasard si durant la journée du 9 janvier Jean-Pierre Thorn, réalisateur, cite André Malraux et la défense des valeurs en termes d’éducation populaire. Ou encore qu’apparaisse la notion d’enjeu majeur de notre république.
Peut-être pouvons-nous avancer que le Français retrouve quelque chose de son patriotisme historique en tant de crise.
Qui l’aurait cru? La politique de répression du gouvernement actuel aura provoqué une véritable discussion sur l’action culturelle et par exemple, faciliter le cinéma en prison.
Arnaud Doriath
*1 : Nicolas, KLOTZ, “La révolution qui vient”, http://www.acrif.org/ Association des Cinémas de Recherche d’Ile-de-France http://www.acrif.org/fr/document.asp?rubid=11&docid=12
*2 : Dossier de Presse, site du collectif national de l’action culturelle et cinématographique http://www.cinema-diversite-culturelle.blogspot.com/
Autres sources :
- Mathilde, BLOTTIERE, «Pour l’action culturelle aussi il y a des Etats-Généraux», interview de Amélie CHATELLIER et Catherine BAILHACHE, rubrique cinéma, http://www.telerama.fr/cinema/pour-l-action-culturelle-cinematographique-aussi-il-y-a-des-etats-generaux-1-2,37876.php
-Jean-Michel, FRODON, « Casser le scénario catastrophe », in Cahiers du cinéma, n°641, janvier 2009






















